Parution : 10 novembre 2017
Forêts en danger : La mégacentrale de Gardanne-Meyreuil

Des citoyens et des collectivités engagés, un recours gagné de haute lutte au tribunal administratif de Marseille, un chantage aux subventions de la Région Provence-Alpes-Côte d’Azur... L’unité biomasse de l’Usine Uniper est soutenue en haut lieu et bénéficie d’une aide d’Etat. L’ex-filiale d’E.ON fait appel à une surconsommation de bois qui est à la fois une aberration économique, sociale et environnementale. Le réchauffement climatique et la transition énergétique sont les grands oubliés... Un constat qui prend une ampleur nouvelle après l’accord de libre- échange avec le Canada. 

Les forêts couvrent près de 40 % du territoire de l’Union européenne et absorbent environ 10 % des émissions annuelles de dioxyde de soufre, capté par photosynthèse et stocké dans les troncs. Les arbres contribuent à la biodiversité, repoussent la désertification, régulent le cycle de l’eau, protègent les sols... La tendance, pourtant, est à la biomasse comme énergie renouvelable, alors que loin d’être carbo-neutre, la combustion du bois génère plus de pollutions que les centrales à charbon. En février 2016, 120 associations et ONG du monde entier avaient demandé que la biomasse ne soit pas considérée comme énergie renouvelable, relayées par des rapports de scientifiques. L’Agence internationale de l’énergie définit comme suit les énergies renouvelables :
« Energie obtenue de processus naturels (soleil, vent...) qui sont remplacés plus rapidement qu’ils ne sont consommés. » Force est de constater que brûler de la biomasse ne correspond pas à cette définition. Un arbre peut avoir besoin d’un siècle pour pousser, mais il part en fumée en dix minutes. L’Union européenne, qui s’est fixée comme objectif d’atteindre 27 % d’énergies renouvelables en 2030, serait bien inspirée d’en tenir compte, et les citoyens et ONG sont là pour le rappeler. Par jugement du 8 juin, le tribunal administratif de Marseille annulait l’autorisation d’exploiter de la centrale biomasse de Gardanne, au motif de l’insuffisance de l’étude d’impact figurant au dossier. Là dessus le préfet accorde une nouvelle autorisation provisoire, le président de la Région Provence-Alpes-Côte d’Azur fait du chantage aux subventions et le ministre de la Transition écologique lui-même se range aux côtés de l’industriel en déposant un recours auprès du tribunal administratif d’appel. Serait-ce si difficile d’admettre que le projet de la centrale biomasse de Gardanne a été adopté de façon précipitée, sans tenir compte de la ressource
régionale ? D’autres intérêts seraient-ils en jeu ?

Transformer une vieille centrale à charbon en usine à bois à faible efficacité, perpétue une forme obsolète de production énergétique et constitue en outre une menace pour la santé publique et un véritable gaspillage des fonds publics. Plutôt que d’ouvrir à Gardanne une mégacentrale qui aura un impact au niveau régional et international, il serait plus judicieux de se tourner vers le renouvelable et la réduction de la consommation. Pas sûr que le message soit bien entendu au sommet de l’Etat français, dont la fibre écologique ne dépasse guère les grands discours.
découvrrez l’ensemble de notre dossier dans Golias Hebdo n°502

L’extrait de l’Hebdomadaire GOLIAS HEBDO n°502 est disponible ici :

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Extrait du Golias Hebdo 502
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