Parution : 4 décembre 2018
Cléricalisme… et Gilets jaunes !

A l’heure de ces lignes, difficile de dire comment se résoudra la révolte des « gilets jaunes ». Les revendications diverses, respectables mais contradictoires rendent difficiles les sorties de crise. Rapprochée du « cléricalisme » comme dénonciation d’un système de décisions ne prenant pas en compte les problèmes des gens à la base, d’un modèle réservé aux élites et à ceux qui savent, la révolte interpelle toutes les structures de représentation. Les politiques sont sommés de répondre oui immédiatement. Les décrypteurs médiatiques nous disent que tout cela couvait depuis plusieurs mois, voire plusieurs années, les signes étant dans l’abstention croissante aux « élections » et la non-adhésion aux partis politiques et aux organisations syndicales.

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Le catholicisme connait depuis plusieurs décennies un tel mouvement d’abstention, de retrait sur la pointe des pieds, et voilà que les victimes d’abus sexuels osent dénoncer. En réponse les « clercs » essaient de circonscrire : ces faits couvriraient une période à partir des années 1950, mais auraient été jugulés dans la dernière décennie. Ils seraient limités à une période bien identifiée et à la présence de Satan, que nous aurions pris l’habitude, précisément depuis ces années-là, d’ignorer… la plus grande victoire de l’Ange maléfique. Une forme d’abus est donc reconnue, elle permet de limiter le champ d’investigations. Or la question est beaucoup plus systémique le mouvement de désaffection à l’égard d’une certaine manière de poser le catholicisme remonte au XVIIIème siècle. Les signes d’une libération sourdent tout au long du XIXème siècle, puis tâtonnent chez les intellectuels dans la crise moderniste du début du XXème siècle. Le peuple des fidèles se libère, sans culpabilité, de la tutelle des clercs et de leurs injonctions dans les « trente glorieuses » et largue les amarres dans les « trente honteuses ». Le cléricalisme ne sait plus très bien comment se situer, la parole papale veut lui asséner le coup de grâce. Comment revenir aux fondamentaux de l’Évangile ?

Le cléricalisme est plus étendu que des travers appliqués aux « clercs »

« Commençons d’abord par une brève définition du cléricalisme en général, car le cléricalisme n’est pas le monopole du catholicisme ». Posant ce principe Jacques Musset circonscrit la définition au monde religieux : « Le mot désigne la manière autoritaire dont le clergé d’une religion convaincu de détenir la Vérité par mandat divin prétend imposer sa doctrine et sa loi aux fidèles de cette religion et même au-delà ».

De son côté Marguerite Champeaux-Rousselot propose une définition qui me semble plus concrète : « Le cléricalisme est la déviation de celui qui pense que le statut et l’autorité religieuse des clercs leur donnent des droits sur autrui et les mettent au-dessus des lois civiles » son article fait par ailleurs des rappels historiques particulièrement étendus et libérateurs(1).

Cette définition plus concrète met l’accent sur la propension à se situer au-dessus des lois civiles et en général de tout ce dont témoignent les sciences sociales. On peut discuter des modalités de création de celles-ci et de leur pertinence dans l’absolu : au moins dans nos sociétés sécularisées sous régime démocratique, sont mis en place des contre-pouvoirs. Or dans le monde religieux la difficulté tient beaucoup au fait que les possibilités d’expressions de points de vue contraires sont niées et/ou managées par des instances de « communion », où les droits de la personne passent après ceux de l’institution.

Le propos va paraitre restrictif en rapport à l’ensemble des dérives sectaires, et pourtant il traduit concrètement ce qui est en jeu. L’exemple que nous donnons régulièrement de l’application de la protection sociale par les cultes montre concrètement comment le cléricalisme aboutit aux drames mis au grand jour, aujourd’hui

Situons d’abord l’absence de protection sociale, dans les dérives sectaires. Elle impacte à la fois celles et ceux meurtris par toutes les formes d’abus dénoncés par les associations de victimes, mais aussi celles et ceux amenés à vivre dans des institutions vieillissantes en état de dépendance et d’assistance. Elle relève de la double peine, celle de continuer à subir les traumatismes d’un mal de vivre et d’une reconstruction longue, difficile, jamais acquise totalement et celle d’un préjudice financier : le temps passé dans les institutions religieuses se révèle au moment du passage à la retraite sans cotisations permettant une juste pension fondée sur des droits légitimement accumulés.

Aux quatorze communautés, mouvements d’église et congrégations religieuses mis en cause pour dérives sectaires et cités par Pascal HUBERT(2), il faudrait ajouter notamment les « Travailleuses Missionnaires », les « Foyers de Charité » si bien explorés par l’article de Dominique LEBLANC(3), mais aussi, et de plus en plus nombreux, les Laïcs en mission ecclésiale (LEME) employés bénévolement par les diocèses et congrégations sans contrat de travail. Un dénominateur commun s’applique à toutes ces institutions, la propension à considérer la religion au-dessus et en dehors des lois civiles, et à tenir qu’en tout état de cause l’Église agit bien au niveau des individus et dans ses institutions au-delà de cas considérés marginaux qui d’ailleurs seraient à priori bien traités en interne et en discrétion.

Quel mécanisme concret a pu conduire et conduit, le cléricalisme à privilégier le point de vue institutionnel par rapport à celui du droit des personnes prises individuellement ? La loi du 2 janvier 1978, met en place un régime social particulier s’appliquant aux cultes. Celui-ci découle d’un principe simple : toute personne dépendant d’un culte pour ses moyens de subsistance doit être couverte en maladie et vieillesse par les cotisations de sa collectivité religieuse.

Qui va exercer le point de vue des collectivités en matière de cotisations ? Dans toutes les autres caisses de Sécurité sociale, il y a volonté de confier les décisions à la fois aux points de vue de l’institution appelée à cotiser mais aussi aux représentants des usagers. Le cléricalisme religieux s’oppose d’emblée au « paritarisme ». Seuls peuvent discuter et décider les représentants de la cléricature. Cette cléricature refusera longtemps les contrôles, elle affilie qui elle veut, et c’est elle qui prétend faire la jurisprudence cultuelle sous couvert de loi 1905, et elle aussi qui entend régler dans le secret et par des mécanismes d’assistance les cas qu’elle veut bien résoudre.

Les résultats ce sont des personnes, que par souci d’économie, on affilie au terme de périodes de probation interdites par le principe même de généralisation, ce sont les collectivités religieuses, non agrées par le droit canon des cultes reconnus, qui se trouvent exclues du champ de la Loi. Au terme de quelques années ce sont des milliers de trimestres non cotisés que les assurés du régime découvrent à l’âge légal de départ à la retraite.

L’article de Marguerite Champeaux-Rousselot met avec pertinence l’accent sur les « non-clercs » c’est-à-dire sur tous les adhérents d’un culte ou d’un système de pensée qui, l’un et l’autre, par principe et par esprit de religion, adoptent la non remise en cause des points de vue de la hiérarchie et lui font confiance pour faire face aux dysfonctionnements. La « thérapeutique du cléricalisme » qu’elle propose face aux abus de pouvoirs dont abus sexuels, est particulièrement éclairante.

Concrètement s’agissant des administrateurs catholiques au conseil d’administration de la Cavimac : déjà majoritaires dans l’absolu, ils se réunissent le matin pour décider de tout ce qui sera débattu et voté l’après midi. Le principe de « communion » fait qu’alors chacun d’eux abandonnera au point de vue institutionnel la décision finale, sans redire ensuite, en séance de conseil, ses objections éventuelles. Il en va de même pour les discussions menées au niveau de la CEF et de la CORREF « l’entre-soi des prêtres et des responsables, l’habitude de considérer que Dieu qu’ils représentent est au-dessus du civil et du temporel », rendent difficiles la solution aux erreurs qui ont pu être commises et qu’il faudrait réparer.

Par ailleurs le lobbying institutionnel et religieux s’exerçant auprès des autorités civiles peut maintenir les injustices. La bonne application de la loi du 2 janvier 1978, a ainsi fait l’objet de très nombreux procès devant les tribunaux. Ceux-ci auraient dû et devraient conduire la puissance publique à régulariser et à faire régulariser les arriérés de cotisations, ce qui n’est pas le cas. Le pouvoir « macronien » s’attache avant tout aux points de vue des autorités cultuelles, ignorant les contre pouvoirs que pourraient être des associations militant pour la laïcité, ou les diverses associations en charge des dérives sectaires.

Comment répondre à une crise systémique ?

Nous sommes ainsi amenés à mieux comprendre les causes et les ressorts du « ras le bol » qui s’exprime « dans la rue » aux confins de demandes contradictoires :
• demandes d’assistance et d’assurance mais refus concomitant des taxes et cotisations,
• refus de toute représentation y compris émanant de ses propres rangs
• exigence en forme d’ultimatum qu’il soit répondu positivement et tout de suite aux revendications cataloguées

Ce point de départ est cependant en train d’évoluer, des délégations vont se constituer, à l’écart des « représentations » déjà instituées (élus de la République, partis politiques et organisations syndicales) mais toutes seront forcément amenées à travailler ensemble. Nous ne pouvons plus échapper à une crise profonde de civilisation. « La fin du monde et la fin du mois » sont appelées à chercher et à adopter de nouveaux modes de vie personnels et collectifs.

L’Église catholique est appelée, elle aussi, à sortir du « cléricalisme » de ses clercs et de ses non-clercs. Le propos de Marguerite Champeaux-Rousselot n’est pas « anti-institutionnel », mais pour aller aux racines de ce qui a conduit aux abus de pouvoirs « Il y a urgence car actuellement le cléricalisme de certains clercs comme de certains laïcs tue et blesse.

Tout comme les laïcs, les clercs, formateurs ecclésiaux, catéchistes, doivent remettre à jour leurs notions d’histoire, de sociologie, de psychologie, leur connaissance des textes grâce aux méthodes historico-critiques modernes… à moins qu’on ne veuille que nous croyions à des mythes »

Elle poursuit : « Les drames semblent avoir été favorisés par ces éléments de la doctrine de l’Église […] Ces idées sont-elles saines ? indispensables et constitutives de l’Évangile ? Si elles n’y sont pas fondamentales, y figurent-elles explicitement comme venant des paroles et de l’exemple en actes de Jésus ? Si elles n’y sont pas explicites, y sont-elles implicitement ou sont-ce des ajouts ? Si ces idées sont des ajouts, sont-ils canoniques, universels, définitifs ? A toutes ces questions, la réponse semble historiquement « non » et également exégètiquement « non ».

Nous ne résistons pas à l’envie de continuer à citer cette belle étude : « Par un concours surprenant de circonstances, concernant les relations et les rapports de force entre l’Église et la société civile ou le Monde, des changements importants ont déjà eu lieu, bon gré mal gré pour tenir compte de l’époque, et l’on est obligé d’avouer que certains ont pour résultat inespéré de modifier ces conceptions qui se sont avérées erronées dans l’absolu ou inadaptées à notre époque : elles remédient peu à peu donc à ces nuisances, mais le retard est grand et grandes également sont les résistances chez des clercs comme des non-clercs, chez les prédateurs comme chez des victimes. »

Marguerite Champeaux-Rousselot devient pratico pratique par rapport aux lois et règles dont se dotent les sociétés humaines :
• l’Église a perdu son autorité temporelle… , c’est un bien
• Elle se sécularise, c’est un bien
• Le pouvoir est redistribué : là aussi, c’est plus conforme à l’Évangile.
• A la différence de celui qui est imprégné de « cléricalisme », le fils de Dieu considère la personne comme un tout, ne méprise pas la sexualité, ne s’obsède pas sur le salut de façon égoïste, fait appel à tous etc.
• Il y a en effet un socle commun entre le Monde et l’Église : la transcendance laïque, c’est la recherche du bien commun, un objectif auquel Jésus a souscrit et auquel l’Église ne peut que souscrire.

Le « signe des temps » que représentent les « gilets jaunes » ne peut que nous interpeller y compris comme membre d’une structure représentative dans l’Église. A ce titre je suis témoin depuis plus de dix ans des difficultés que nous pouvons avoir à relayer les points de vue de victimes. Régulièrement nous étions éconduits. Des avancées ont pu avoir lieu pour le futur mais sans réparation des erreurs commises dans le passé. Je vis aussi en tant représentant, le ras le bol de ceux qui nous faisaient confiance. Nous avons conduit et gagné des procès devant les tribunaux de la République. Les évêques et les responsables religieux confortés par leurs conseillers laïcs (étymologiquement « clercs » selon Marguerite Champeaux -Rousselot parce que « dévoués aux intérêts du clergé »), l’ensemble de cet aréopage donc avec l’aval des autorités de la République continuent d’ignorer une jurisprudence bien établie, et laissent à chacun la charge de s’en prévaloir par un long parcours judiciaire.

Je suis ouvert à la concertation, nous proposons des solutions, mais le système est refermé sur lui-même, alors oui je comprends le ras-le-bol de toutes ces femmes et de tous ces hommes qui découvrent à leurs dépens, les murs dressés devant eux lorsqu’ils souhaiteraient être reçus, entendus, compris, dédommagés par une Église qui se vit « société parfaite ».

En tant que pratiquant régulier je sais combien l’idéologie cléricale remplit les esprits et les tient enfermés dans des concepts et dogmes qu’il convient pourtant de revoir profondément ainsi que le sous entend le propos de Marguerite Champeaux-Rousselot, en parlant de « mythes ». Les instances synodales sont conduites de manière à éviter certaines décisions pourtant vitales, mais pour lesquelles un refus de Rome est présumé…

Combien de chrétiens sont partis sur la pointe des pieds, combien de jeunes font un petit tour et puis s’en vont ; combien de recommençants découvrent un système qui n’a pas bougé et continue à se déliter. Les demandes peuvent être inconciliables, mais il est un moment où il faut tout remettre sur la table pour tout revitaliser ensemble, en acceptant vraiment d’être bousculé par le contradictoire d’un ras-le bol profond et radical.

Notes :
1. https://recherches-entrecroisees.net/2018/10/24/clericalisme-histoire-doctrine/
2. http://golias-news.fr/article6783.html
3. Cf Golias Hebdo N° 552 au 29 novembre 2018, la description de Dominique LEBLANC pouvant s’appliquer à bien des structures religieuses : « On y est bien accueilli. Les membres : des couples, des enfants, des consacrés donnent l’impression d’une grande famille. C’est un bonheur de capitalistes, quarante-six membres aux ordres et… sans salaires. Aucun patron n’oserait y songer, le Foyer de Charité de Tressaint l’a rendu possible. Car la communauté vit exclusivement de dons et chacun fait vœu de pauvreté ; quand l’un des membres a besoin d’une paire de chaussettes ou de tampons hygiéniques, il en fait la demande au Père du Foyer qui avise si la demande est légitime ou non… C’est ce que l’on appelle la dépossession de soi (ou selon la formule « l’abandon à la Sainte Providence ») ! On est oblitéré de son propre discernement, on le remet à un autre, le terrain est propice alors pour tous les abus. »

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Cléricalisme… et Gilets jaunes ! 12 décembre 2018 09:03, par Jacques Hulotte

Il y a deux choses sans grand rapport dans votre article, Jean.

- ce que vous dites sur les scandales pédophiles n’appelle pas grand commentaire. Le fait est que ça été très mal géré par la hiérarchie par peur du scandale. On a essayé d’enterrer ces affaires ce qui a conduit à des scandales plus graves encore. Ce n’est pas brillant. D’un autre côté, si la presse nous cite sans cesse des chiffres en remontant jusqu’aux années 1950, c’est bien évidemment pour "faire masse" et donner l’impression que ce genre de crime est monnaie courante y compris aujourd’hui. Ce n’est sans doute pas sans lien avec le projet annoncé sur la PMA voire la GPA : il s’agit de décrédibiliser la parole de l’Eglise. Je remarque d’ailleurs que la presse en parle beaucoup moins depuis qu’on sait que l’examen du projet de loi est reporté. Ne soyons pa naïfs : les scandales sont ou furent réels, la manière dont ils sont instrumentalisés n’est pas neutre non plus.

- vous glissez de là au "dada" sur le cléricalisme, qui est évidemment un appel à l’anticléricalisme. Autant la définition du cléricalisme que vous donnez n’appelle pas de commentaire, autant les conclusions que vous en tirez son inacceptables. Ce n’est pas au monde à dire à l’Eglise comment elle doit s’organiser. Il y a séparation de l’Eglise et de l’Etat. L’Etat n’a pas plus à dire à l’Eglise ce qu’elle doit faire en matière de protection sociale de son clergé que l’Eglise n’a à dire à l’Etat comment il doit organiser le statut de sa fonction publique. Là où l’Eglise n’est pas sans reproche, c’est qu’elle a commis l’énorme erreur de mettre un doigt dans l’engrenage en acceptant d’entrer dans une logique de régime d’assurances sociales. A cet égard elle ne récolte que ce qu’elle a semé. Si la société veut assurer à tous ses membres un minimum de protection sociale, c’est son droit. Mais elle n’a pas le droit d’en tirer l’idée qu’elle aurait la prérogative de dicter à l’Eglise son mode d’organisation. Evidemment on serait en meilleure position pour le lui dire si on pouvait répliquer "On ne vous a rien demandé, fichez-nous la paix".

Soit dit en passant, ce n’est pas vrai que pour l’Eglise. L’Etat-nounou, ça commence à bien faire. Evidemment à partir du moment où il y a une assurance maladie obligatoire, l’Etat s’autorise à dire à chacun de nous : tu ne dois pas faire ceci ou cela, tu ne dois pas avoir de conduite à risque, pas boire d’alcool (ne parlons pas du cannabis), mettre ta ceinture de sécurité etc. Dans la mesure où la sécurité des tiers est en cause, ce genre d’obligation n’est pas illégitime, mais la plupart du temps ces obligations sont "pour notre propre bien". L’Etat n’a pas à s’occuper de "mon propre bien". J’en suis seul comptable. L’Etat qui m’impose des obligations d’assurance et qui ensuite tire argument de ces couvertures d’assurances pour me dicter ma conduite c’est odieux, de plus en plus odieux. C’est déresponsabilisant et infantilisant. Plus grave, cela nous entraîne à négliger nos devoirs moraux. Combien ont laissé tomber leurs vieux parents en les remettant à la protection sociale des EHPAD, de la SS en général "Je paie des cotisation sociales pour qu’on prenne soin d’eux, je n’ai plus besoin de m’en occuper" est le raisonnement implicite qui est derrière l’abandon de tant de "vieux" par leurs enfants.

Et s’agissant de l’Eglise, c’est contraire à sa nature même. Elle n’a qu’un Seigneur, et ce n’est pas César. Malheureusement elle a trop souvent cherché la protection de César, elle s’y est trop habituée. Elle s’est droguée à la protection du bras séculier, il faudrait bien qu’elle se désintoxique.

Et peut-être que nous aussi, citoyens, nous devrions nous en désintoxiquer. L’écroulement des systèmes de protection sociale du fait de la disparition ou de la raréfaction des moyens de les financer est à cet égard une chance. Nous avons enfin l’occasion de revaloriser les entraides familiales, communautaires, ecclésiales.

A bas Big Brother !

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